Boudé par le public car entièrement parlé en espagnol, Casa de mi padre de Matt Piedmont (2012) démontre pourtant une fois encore que Will Ferrell n’a peur de rien.

Quand Will Ferrell ne s’attaque pas à des univers improbables (le patinage artistique dans Les Rois du patin, les télés locales dans Anchorman), il aime démonter les genres cinématographiques (les duos de flics casse-cou dans The Other Guys, l’île aux dinosaures dans Le Monde (presque) perdu). Casa de mi padre entre dans cette deuxième catégorie puisqu’il s’agit d’une parodie à la fois de western spaghetti (pour le format) et de telenovelas, ces soaps sud-americains à côté desquels Amour Gloire et Beauté passe pour une superproduction de HBO.

Pitch : Armando Álvarez (Ferrell) est un brave éleveur exploitant paisiblement son troupeau sur les terres de son père. Lorsque son jeune frère Raúl, converti au grand banditisme, revient dans la maison familiale afin de se marier avec la belle Sonia, il attire les foudres du baron de la drogue local.

Tourné en 24 jours, Casa de mi padre s’amuse de son côté kitsch et cheap. Des décors en carton, des animaux en peluche, des coupures et sautes d’axe typiques des productions destinées aux grindhouses chères à Tarantino, un scénario exagérément dramatique, le petit Gael Garcia Bernal pas du tout crédible en terrible mafieux, et puis surtout un Will Ferrell surjouant merveilleusement les sentiments (le désarroi amoureux, l’amitié virile), ses petits yeux plissés fixant l’horizon. On retrouve dans Casa de mi padre l’esprit parodique de Trois amigos !, la comédie de John Landis (1986) avec le flamboyant trio Steve Martin, Chevy Chase et Martin Short en cowboys de cinéma muet.

Mais le tour de force de Casa de mi padre, c’est d’être entièrement parlé en espagnol. Will Ferrell imite de façon désopilante l’accent mexicain, débitant ses répliques, apprises de façon phonétique, avec un aplomb étonnant. C’est d’ailleurs le ressort comique principal du film et paradoxalement la raison de son échec au box-office (un budget de 6 millions $ pour un total de 8 millions $ de recettes mondiales), Casa de mi padre ne pouvant être exploité qu’en version originale, il fut boudé par le public.

Vous n’avez jamais vu de films avec le grand Will (1m91) ? Alors commencez plutôt par Les Rois du patin à l’humour plus percutant. Mais si vous appréciez déjà le personnage, vous serez mort de rire dès le deuxième gag.

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