Avant de réaliser les grands films dramatiques qui ont fait son succès – le dernier en date étant The Danish Girl – Tom Hooper nous avait offert ce réjouissant petit film de foot.

C’était un temps où il y avait plus de boue que d’herbe sur les terrains de football, où les joueurs arrivaient au stade la clope au bec et ressortaient sur des civières la jambe en sang. Les installations étaient vétustes et les supporters étaient pour ainsi dire assis à côté des réservistes. C’était l’époque où l’équipe de Leeds United dominait le championnat anglais, jusqu’à l’arrivée d’un certain Brian Clough à sa tête.

Grande gueule, bourré d’orgueil, persuadé d’être le meilleur entraîneur d’Angleterre alors qu’il n’était rien sans son binôme Peter Taylor, Brian Clough était un personnage haut en couleur, sorte de José Mourinho des années 70 (en plus sympathique). The Damned United retrace les 44 jours pendant lesquels Clough fut entraîneur de Leeds. Détesté par ses joueurs à qui il reprochait leur jeu brutal, il fut viré le 12 septembre 1974, après un bilan d’une victoire et deux nuls en six matchs.

The Damend United - nosanneeslumiere
Maurice Roeves et Michael Sheen dans The Damned United

Avant d’aborder des sujets nobles avec The Danish Girl, Les Misérables et Le Discours d’un roi, Tom Hooper nous a pondu ce bon petit film de foot qui réjouira les amateurs. Dans le rôle principal, un Michael Sheen déchaîné, bien loin de son rôle de docteur introverti dans Masters of Sex. À ses côtés, deux tronches du cinéma anglais qu’on adore : Timothy Spall (Mr.Turner) et Colm Meaney (The Van).

Pour dynamiser le récit, Tom Hooper choisit de montrer deux époques en parallèle : l’ascension de Clough à la tête de Derby County qu’il mena de la D2 au titre de champion d’Angleterre et sa chute avec Leeds. Un parti pris qui permet à Hooper de souligner les contradictions de son personnage puisque Clough n’avait que mépris pour les « Dirties Leeds » lorsqu’il était à Derby.

« Et si on aime pas le foot ? » Pas de problème, le sport-roi ne sert que de toile de fond pour tirer le portrait d’un personnage atypique, insupportable et attachant à la fois. Même ma compagne, pourtant allergique au football, est tombée sous le charme.

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