a : 2014, r : Carlos Marques-Marcet , sc : Carlos Marques-Marcet, Clara Roquet, ph : Dagmar Weaver-Madsen, ac : Natalia Tena, David Verdaguer

Alex, la Londonienne, et Sergi, le Catalan, sont en couple depuis sept ans. Ils essaient d’avoir un enfant. Mais un matin, alors qu’ils viennent de faire l’amour, Alex apprend qu’elle a été sélectionnée pour participer à une résidence artistique d’un an à Los Angeles. Elle voit cette invitation comme une dernière chance de relancer sa carrière de photographe, elle qui a tout abandonné pour rejoindre Sergi à Barcelone. Le couple va devoir mettre ses projets entre parenthèses et continuer leur relation à distance.

Carlos Marqués-Marcet réussit le tour de force de résumer tout son film dans la première scène, un formidable plan-séquence d’une quinzaine de minutes au cours duquel les protagonistes vont tour à tour avoir une relation sexuelle (en position de l’Andromaque), se brosser les dents, petit-déjeuner de toasts bien beurrés, lire leurs mails, se disputer, se réconcilier. On ne pouvait rêver meilleur entame. Au niveau narratif d’abord puisque les personnages sont immédiatement identifiés : on comprend leurs désirs, leurs frustrations et leur caractère respectif. D’un point de vue cinématographique ensuite, puisque Marqués-Marcet propose un plan-séquence non pas spectaculaire à la Iñarritu mais tout en finesse et en subtilité (le changement d’éclairage lorsque Alex ouvre les rideaux, les déplacements de caméra à peine perceptibles).

Hélas, le reste du film n’est que de peu d’intérêt car il ne fait qu’illustrer ce que nous a appris cette première scène. Les personnages sont définis et n’évolueront plus. On assiste donc pendant les 90 minutes suivantes à l’éloignement sentimental annoncé d’un couple séparé par 10.000 km de distance. Et la masturbation synchronisée via Skype n’y changera rien.

Par ailleurs, le scénario souffre d’incohérences psychologiques, ce qui est malheureusement une tare récurrente du cinéma espagnol de ces dernières années. Toutefois, le sourire et la sensualité de Natalia Tena (connue pour son rôle de la sauvageonne Osha dans Game of Thrones) rendent le film supportable.

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