Des centaines de figurants espagnols eurent le plaisir de chanter à tue-tête « L’International » sous les yeux de la police franquiste.

Nous fêtons cette année les 50 ans de la sortie du Docteur Jivago, la grande fresque romanesque de David Lean d’après l’œuvre de Boris Pasternak. Les aventures amoureuses d’un médecin pendant la révolution bolchévique ne furent évidemment pas tournées à Moscou. Mais au lieu de choisir la Yougoslavie ou la Finlande comme c’était initialement prévu, le réalisateur posa ses caméras à Madrid, et plus précisément dans le quartier de Canillas à l’époque pratiquement désertique.

Docteur Jivago - Nos années LumièreLes décorateurs recréèrent notamment une rue de la capitale soviétique dans laquelle ils firent passer un tramway. Un Kremlin en carton trônant au fond de ce décor qui nécessita cinq mois de mise en place.

Des centaines d’Espagnols furent engagés comme figurants et, pour les besoins du tournage, ils eurent le plaisir de chanter à tue-tête « L’International » sous les yeux de la police franquiste.

Construction d'une rue de Moscou dans le quartier de Canillas (Madrid)
Construction d’une rue de Moscou dans le quartier de Canillas (Madrid)

La deuxième partie du film se déroule en Sibérie. Elle fut en réalité tournée dans un village de la province de Soria, dans le centre de l’Espagne. Située à plus de mille mètres d’altitude et toujours recouverte de neige en hiver, la région semblait idéale pour servir de décor aux retrouvailles entre le docteur et sa chère Lara. Comble de malchance, l’hiver 1964 fut le plus chaud des cinquante dernières années. Privée de neige véritable, l’équipe du film eut recours à un mélange de sel, de poudre de marbre, de plastique blanc et de cire saupoudrée de glace. Finalement, David Lean, peu satisfait du résultat, retourna la plupart des scènes en Finlande.

Docteur Jivago - Nos années Lumière

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